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PDG Ruud Sondag : Un passeport de matière première pour les produits
1 octobre 2011
Anticipant sur la raréfaction des matières premières, la Commission européenne renforce les objectifs européens en matière de durabilité. La Commission souhaite par exemple améliorer le libre-échange pour les produits écophiles. C’est ainsi qu'est stimulée l’utilisation de matériaux recyclés dans les processus de production.
Le gouvernement néerlandais vient également d’adresser dans ce cadre d’importants points de vue à l’assemblée nationale. Lesdites « Grondstoffennotitie » (note sur les matières premières) et « Afvalbrief » (lettre sur les déchets) rompent avec les idées traditionnelles sur le CO2 et élargissent à juste titre l’agenda de la durabilité au dossier des matières premières.
Les Pays-Bas, en tant que pionnier dans le domaine de la durabilité et se basant sur sa position unique dans la chaîne logistique mondiale, mise sur le recyclage des matières premières. L’accent est davantage mis sur l’utilisation en circuit fermé des matières premières et le recyclage de haut niveau, profitant tant à l’environnement qu’à l’économie. Économie et écologie sont pour ce gouvernement indissociablement liées. Pour faire encore plus rapidement de cette économie de la réutilisation un élément distinctif de la « s.a.r.l. Pays-Bas », j’ai encore quelques propositions concrètes à faire.
Étiquette matière première
Le gouvernement vise un taux de recyclage de 83 % en 2015, mais le cercle ne sera complètement fermé que si nous passons également des accords sur les pourcentages minimum de recyclage. Les nouveaux produits doivent donc se composer en grande partie de matériaux recyclés. Les fabricants peuvent tenir compte de cette exigence dès la phase de conception. Il est alors intéressant d’attribuer un passeport de matière première aux produits. Quelle est exactement la composition du produit ? Quelle quantité de matériau recyclé contient-il et combien de matières premières naturelles a-t-il fallu extraire de l’environnement pour le fabriquer ?
Tout comme la valeur nutritive est indiquée sur les produits alimentaires, le détail des matières premières d’un produit peut être indiqué sur une étiquette. Le fabricant explique ainsi clairement la composition de ses produits et la façon dont il s’acquitte dans ce domaine de ses responsabilités au sein de la filière. Le consommateur peut ainsi opter pour des produits de composition durable. Mais cette étiquette est également nécessaire pour assurer une plus grande effectivité du recyclage et de la revalorisation. Si vous connaissez la composition d’un produit, il est également plus facile d’en isoler les composantes.
Je pense également à une taxation « BOW » (ou TVS) en plus ou au lieu de la BTW (TVA) bien connue : La Taxe sur la Valeur Soustraite. Plus la quantité de matières premières naturelles extraites de l’environnement est importante, plus le taux de TVS augmente. Cette idée n’est d’ailleurs pas nouvelle. Le défunt entrepreneur et gourou du management Eckart Wintzen y avait déjà pensé depuis longtemps, mais l’heure d’introduire une telle mesure semble aujourd’hui avoir sonné. La TVS peut jouer le rôle de la carotte et du bâton pour le taux de réutilisation dans la fabrication de produits.
Agenda international
La discussion autour des matières premières ne peut pas être abordée qu’au niveau national, bien que les Pays-Bas puissent dans ce domaine jouer un rôle de chef de file. L’Europe a toujours joué un rôle précieux dans le mariage entre l’économie et l’écologie. Outre la création du marché interne, notamment pour des raisons économiques, la législation environnementale est à juste titre l’une des fiertés de l’Europe. L’aspect international est essentiel pour veiller à ce que le dossier des matières premières soit abordé de façon méticuleuse et adéquate.
L’Europe peut à nouveau jouer un rôle novateur majeur, en élargissant les groupes de concertation internationale au sein desquels se négocient les questions climatiques à la discussion politique sur la raréfaction des matières premières. Il serait ainsi possible de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve la discussion traditionnelle sur le CO2. Le recyclage débouche en effet sur une réduction des émissions de CO2 et contribue ainsi à la lutte contre le changement climatique. Cela permet également de faire appel au fonds disponibles des Nations unies consacrés au climat, pouvant ainsi accélérer le rythme des nécessaires innovations.
Pénurie
Il ne fait aucun doute que les matières premières seront de plus en plus réutilisées. Cela est en effet lié à l’un des principes économiques les plus établis : la pénurie. Mais le recyclage ne prendra le dessus pour les producteurs qu’à partir du moment où il sera plus économique de faire appel à des matériaux recyclés qu’à des matières premières vierges. Il appartient aux pouvoir publics de faire en sorte que le seuil de rentabilité financière pour les flux importants de matériaux soit plus vite atteint. Sinon, il risque de ne l’être que lorsque les matières premières brutes seront pratiquement ou complètement épuisées.